Les familles PEYRONEL
au XVIIème siécle

 


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Tentative de reconstitution des familles PEYRONEL du XVIIème siècle

 

Après avoir vu comment les PEYRONEL ont pris part à l'histoire de leur peuple (voir pages sur Les Peyronel dans l'histoire des Vaudois) et traversé la période troublée de la fin du XVIIème siècle, nous allons essayer d'exploiter toutes les informations glanées pour échafauder une reconstitution - partielle et hypothétique - de la famille à cette époque.

En analysant les données recueillies en étudiant la participation des PEYRONEL à l'histoire des Vaudois au XVIème siècle, en particulier toutes celles concernant les déportés en Piémont puis les exilés en Suisse, et en les rapprochant des plus anciennes que nous avons extraites des registres paroissiaux ou autres sources, nous pouvons proposer des hypothèses sur la généalogie des PEYRONEL du XVIIème siècle.

Si nous rassemblons tous les PEYRONEL que nous avons vus au XVIIème siècle, recensés en Piémont et, pour certains, exilés en Suisse, nous constatons qu'une partie d'entre eux sont probablement apparentés. En tous cas, ils sont quasiment tous originaires du Val Saint Martin et le plus souvent de Riclaret. Quelques isolés viennent de Prali, Bobi ou Prarustin. Par ailleurs ce sont majoritairement (environ 75 %) des femmes.

Les familles présentées dans cette page :

  1. La famille de JeanI PEYRONEL
  2. La famille de CatherineI PEYRONEL
  3. JacquesI PEYRONEL et sa femme Catherine
  4. Famille de JeanIII PEYRONEL
  5. JacquesIII PEYRONEL, sa femme Marie et son fils JeanIV PEYRONEL
  6. AnneII PEYRONEL, fille de JeanV PEYRONEL
  7. MarieII PEYRONEL et son fils Barthélémy
  8. CatherineV PEYRONEL, son gendre François CLOT et sa famille
  9. Antoine PEYRONEL
  10. Charles PEYRONEL
  11. MarieIII PEYRONEL et sa fille SuzanneI de Bobi
  12. Madeleine PEYRONEL et MarieIV PEYRONEL de Prali
  13. JeanneIII PEYRONEL de Prali
  14. SuzanneII PEYRONEL et son fils
  15. Les PEYRONEL qui pourraient avoir participé à "La Glorieuse Rentrée"
  16. Hypothèse de généalogie de la famille PEYRONEL au XVIIème siècle
    dans laquelle notre ancêtre commun X PEYRONEL serait JeanI PEYRONEL, exilé en Suisse.


 

1°) La famille de JeanI PEYRONEL

accéder à la fiche généalogique de Jean I PEYRONEL

Commençons par la famille de Jean PEYRONEL, né en 1626 ou 1627 à Riclaret donc le plus vieux parmi les exilés. Il s'est marié avant 1656 (naissance de sa fille Jeanne) mais nous ne savons rien de sa femme décédée avant 1688 et sans doute même avant 1687. Jean PEYRONEL se trouve à Cherasco (environ 50 km ESE de Turin) le 24/01/1687, avec sa fille Béatrice et probablement son fils Paul (et un autre Jean PEYRONEL, JeanII né en 1667, peut-être un autre fils). Là il est "catholicisé" c'est à dire qu'il a "déclaré spontanément vouloir vivre et mourir bons et fidèles sujets de S.A.R. dans notre Sainte Religion Catholique Apostolique Romaine" . Un peu plus tard, en Mars1687, il est à Santhia (environ 50 km NE de Turin) toujours avec Béatrice. Il part pour la Suisse et il est à Zürich en Septembre 1687 puis à Schaffhouse en Octobre 1688. Contrairement à son fils Paul il n'est pas mentionné de nouveau à Zürich en 1688-1689. Nous pouvons reconstituer l'histoire de chacun des enfants de la manière suivante:

  • JeanneI PEYRONEL est née en 1656 ou 1657 sans doute à Riclaret, elle se trouve à Cherasco en Janvier 1687 où elle est "catholicisée" avec son frère Paul, sa soeur Béatrice, son père Jean et un autre Jean PEYRONEL plus jeune qu'elle de dix ans, peut-être un autre frère ou un parent plus éloigné. Comme on ne retrouve plus aucune mention de Jeanne par la suite parmi les exilés en Suisse, contrairement à Béatrice, Catherine et Paul, on peut supputer qu'elle est décédée après Janvier 1687, avant l'arrivée de son père et de ses frère et sœurs en Suisse où elle n'est probablement jamais arrivée.
  • BéatriceI PEYRONEL, née en 1661, se trouve à Cherasco le 24/01/1687 avec son père Jean PEYRONEL qu'elle suit à Santhia en Mars 1687 puis plus tard en Suisse d'abord à Zürich où elle arrive en Septembre 1687. Elle y reste avec son père et son frère Paul jusqu'en 1688 avant de se rendre à Schaffhouse où on les trouve en octobre 1688.
  • Paul PEYRONEL né en 1662, probablement à Riclaret, a épousé avant 1687 Jeanne née elle aussi en 1662. Il se trouve à Cherasco le 24/01/1687 à l'age de 25 ans avec son père Jean PEYRONEL, et sa soeur Béatrice ainsi qu'avec Jeanne PEYRONEL de Riclaret âgée de 30 ans (ce n'est pas sa femme Jeanne née en 1662 comme lui). Paul n'a pas fait le voyage de Piémont en Suisse avec son père et sa soeur Béatrice (ces derniers sont encore en Italie, à Santhia en Mars 1687) ni avec sa femme Jeanne qui est, quant à elle, au même moment à Rouasio en compagnie de son beau-frère Jacques [PEYRONEL] fû Pierre PEYRONEL, âgé de 40 ans. La femme de Paul n'est jamais mentionnée par la suite parmi les PEYRONEL et Paul n'est lui-même jamais signalé comme tant marié (ou veuf). Il arrive en Suisse (avant) le 14/02/1687, date à laquelle il figure sur la liste d'Avenches en compagnie d'un autre groupe d'exilés composé de Catherine PEYRONEL et ses filles Marie PEYRONEL, Béatrice PEYRONEL (une autre Béatrice), et Marguerite PEYRONEL. Le groupe comporte une autre Catherine PEYRONEL qui est assez probablement la soeur de Paul. Paul semble se déplacer le plus souvent avec cette soeur Catherine, alors que son père voyage le plus souvent en compagnie de sa fille Béatrice. Paul est à Zürich avec son père et ses sœurs Béatrice et Catherine jusqu'en 1688. En mars 1688 il quitte Zürich avec Catherine. Nous le retrouvons à Schaffhouse en octobre 1688 avec son père et Béatrice puis de nouveau à Zürich d'où il repart en mai 1689. Peut-être est-ce pour rejoindre les Vaudois qui préparent en secret la "Glorieuse Rentrée"
  • CatherineIII PEYRONEL est née en 1667 sans doute à Riclaret. Elle ne figure pas dans les listes des déportés en Piémont, établies au cours du premier trimestre 1687, au moment du départ pour la Suisse (du moins sur celles que j'ai consultées jusqu'à présent). Elle est présente sur la liste du 14 février 1687 (Avenches), puis en 1687/1688 à Zürich d'où elle part en mars 1688. Elle n'est plus mentionnée par la suite. Catherine n'est jamais dite mariée ni veuve. Elle pourrait néanmoins être la femme de JacquesI PEYRONEL (voir ci-après). Si cette l'hypothèse est correcte (elle pourrait être vérifiée en retrouvant l'acte de décès de JacquesI à Zürich, voire celui de Catherine) ce serait elle qui, partie de Zürich en Mars 1688, avec son frère Paul (Paul quitte en effet Zürich à la même date), aurait rejoint son mari à Bâle en mars 1688. Après la mort de celui-ci elle serait partie à Neuchâtel où on la retrouve en septembre 1690. C'est probablement cette même Catherine que l'on trouve citée dans le groupe familial de Marie PEYRONEL (voir ci-dessous la famille de CatherineI PEYRONEL).

 

2°) la famille de CatherineI PEYRONEL

accéder à la fiche généalogique de CatherineI PEYRONEL

La deuxième famille que nous détaillerons est celle de CatherineI PEYRONEL. Celle-ci ne figure apparemment pas dans les listes des déportés en Piémont, établies au cours du premier trimestre 1687, au moment du départ pour la Suisse (du moins celles que j'ai consultées). Elle est arrivée en Suisse avant Février 1687. A cette date elle est veuve d'un PEYRONEL (puisque ses filles s'appellent PEYRONEL) que j'appelle X1 PEYRONEL. CatherineI PEYRONEL est recensée le 14 février 1687 à Avenches avec ses filles. CatherineII, BéatriceII, MarieI et Marguerite. Avec elles se trouvent également Paul PEYRONEL et CatherineIII PEYRONEL supposés être les enfants de Jean PEYRONEL. que nous avoir vus précédemment. CatherineIII est cousine de Marie. En considérant qu'elle est une cousine germaine, elle serait la fille d'un frère de X1 PEYRONEL, père de MarieI (et de CatherineII, Béatrice et Marguerite) et donc mari de CatherineI, décédé avant 1687. Elle pourrait néanmoins être la fille d'un frère de CatherineI PEYRONEL, voire une cousine plus éloignée. Si on considère que le Paul PEYRONEL qui l'accompagne est son frère et sachant que ce Paul est probablement le fils de Jean, CatherineIII est, elle aussi, fille de Jean. Alors Jean et X1 PEYRONEL sont frères, hypothèse retenue dans cette tentative de reconstitution de la famille. CatherineI PEYRONEL, la mère, part ensuite pour Zürich de 1687 à 1688 puis se trouve à Schaffhouse en Octobre 1688. Quant à ses filles on peut retracer leur histoire comme indiqué ci-dessous :

  • CatherineII PEYRONEL est née en 1667 sans doute à Riclaret. Elle ne figure pas dans les listes des déportés en Piémont, établies au cours du premier trimestre 1687, au moment du départ pour la Suisse (du moins sur celles que j'ai consultées jusqu'à présent), pas plus que ses sœurs Béatrice, Marie et Marguerite et que sa mère Catherine et sa belle mère Anne. Selon ARMAND-HUGON et RIVOIRE, elle a été emprisonnée en Piémont à Mondovi. Catherine n'a semble-t-il pas fait le voyage vers la Suisse avec sa mère CatherineI PEYRONEL ni avec ses sœurs Marie et BéatriceII qui sont recensées à Avenches le 14/02/1687. En tout cas elle est recensée séparément le 16 février 1687 à Moudon en compagnie de sa jeune soeur Marguerite et de sa belle-mère Anne PEYRONEL. Elle part ensuite pour Zürich où elle serait restée de 1687 à 1688 et où sa belle-mère Anne PEYRONEL décède le 24 avril 1688. Catherine se trouve à Schaffhouse en Octobre 1688 et de nouveau à Zürich en 1688/1689 et enfin à Neuchâtel en 1690/1691. CatherineII n'est jamais dite mariée ni veuve et il n'est jamais question de son mari dont nous connaissons l'existence uniquement par le fait que CatherineII a une belle-mère, Anne PEYRONEL, en 1687 (elle s'est donc mariée entre 1685 environ et 1687). Cette belle-mère ne peut être une seconde femme de son père puisque sa mère est vivante et veuve. Le mari de CatherineII n'est peut-être pas mort en 1687 mais il ne l'accompagne pas : peut-être est-il mort au Piémont ou resté caché dans les vallées ou emprisonné à Mondovi comme l'a été sa femme, ou bien a-t-il été envoyé aux galères.
  • BéatriceII PEYRONEL née en 1671, probablement à Riclaret, ne figure pas dans les listes des déportés en Piémont, établies au cours du premier trimestre 1687, au moment du départ pour la Suisse (du moins celles que j'ai consultées). Elle parvient en Suisse avant Février 1687 puisqu'elle est recensée à Avenches le 14/02/1687. Elle part ensuite pour Zürich où elle serait restée de 1687 à 1688 puis se trouve à Schaffhouse en Octobre 1688 et de nouveau à Zürich en 1688/1689 et enfin à Neuchâtel en 1690/1691
  • MarieI PEYRONEL, née en 1672, originaire comme sa mère et ses sœurs de Riclaret, a un parcours identique à celui de sa soeur BéatriceII. Elle est arrivée en Suisse en février 1687 avec sa mère et ses sœurs ainsi que ses (supposés) cousins Paul et CatherineIII (enfants de Jean). Elle est présente à Zürich en 1687/1688, à Schaffhouse en Octobre 1688 et à Neuchâtel en mai 1691.
  • MargueriteI PEYRONEL, née en 1674, suit elle aussi le même cheminement que ses sœurs aînées.

Quant à Anne PEYRONEL, la belle-mère de CatherineII qui accompagne la famille de CatherineI PEYRONEL à son arrivée en Suisse en Février 1687, nous ne savons pas vraiment si son patronyme PEYRONEL est son nom de naissance ou d'épouse donc si le mari de CatherineII était un PEYRONEL. L'acte du décès d'Anne PEYRONEL survenu à Zürich le 24 avril 1688, pourrait - s'il peut être retrouvé - aider à répondre.

Enfin, dans le groupe familial mené par CatherineI à l'arrivée en Suisse début 1687 se trouve un enfant, JacquesII PEYRONEL, né en 1684. Il est déclaré comme parent (de Marie semble-t-il). Il pourrait être le fils de CatherineII ; c'est en effet la seule du groupe qui soit mariée et en age d'avoir un enfant de 3 ans. Elle pourrait l'avoir eu à 18 ans. Il est un peu étonnant néanmoins qu'il soit déclaré comme parent et non comme fils de Catherine ou petit-fils de Catherine (ou d'Anne). Il peut être un orphelin, recueilli par des parents. L'enfant décède à Zürich le 8 Mars 1687. Là encore son acte de décès, pourrait nous éclairer.

 

3°) JacquesI PEYRONEL et sa femme Catherine

accéder à la fiche généalogique de Jacques I PEYRONEL

Ce troisième groupe se réduit à JacquesI PEYRONEL, et sa femme Catherine. JacquesI PEYRONEL, également de Riclaret, né en 1663, est "catholicisé" à Asti. Il est présent à Zürich le 30 septembre 1687 et arrive le 1er Décembre 1687 à Muttenz dans la banlieue de Bâle, sa femme "étant encore en arrière". C'est de lui dont parle le rapport du Pasteur Garnier au conseil de Bâle qui le classe dans la catégorie des réfugiés qui "sont prévenus et se sont laissé entraîner par l'exemple et les mauvais conseils" et "ceux qui refusent d'aller en Brandebourg et qui promettent de suivre l'exemple de leurs parents qui sont dans d'autres cantons". En effet sa femme Caterine a déclaré "qu'ils n'iraient point en Brandebourg". JacquesI PEYRONEL est à Bâle en 1687/1688 où il serait décédé en 1688.

La femme de JacquesI PEYRONEL n'est citée dans les deux occasions ci-dessus. et seul le rapport du Pasteur Garnier nous indique son prénom. Elle est néanmoins indiquée dans l'étude d'ARMAND-HUGON et RIVOIRE et désignée comme Catherine PEYRONEL. Il y a comme toujours un doute sur son patronyme (nom de jeune fille ou d'épouse ?). C'est la quatrième Catherine citée (CatherineIV). Jacques est dit marié en décembre 1687. Par conséquent sa femme, dont l'age n'est pas indiqué, est née avant 1669. Or CatherineII et CatherineIII sont nées en 1667. Si l'on compare les parcours de ces "trois Catherine", on s'aperçoit que c'est celui de CatherineIII qui semble le plus compatible, voire complémentaire de celui de la femme de JacquesI. En effet CatherineII est à Avenches en février 1687 puis à Zürich d'où elle part en mars 1688 ; elle n'apparaît plus par la suite. La femme de Jacques, est mentionnée pour la première fois lorsque Jacques arrive en décembre 1687 à Bâle, mais elle n'est pas avec son mari. Par contre elle est présente avec lui à Bâle précisément en mars 1688. On la retrouve ensuite à Neuchâtel en septembre 1690. CatherineIII quant à elle est à Moudon en février 1687, puis à Zürich en 1687/1688, à Schaffhouse en Octobre 1688, à Zürich en 1688/1689, à Neuchâtel en 1690/1691. Je retiens donc pour ma tentative de reconstitution de la famille, plutôt l'hypothèse selon laquelle CatherineIV la femme de Jacques et CatherineIII la fille de JeanI sont la même personne, distincte de CatherineII. Il est probable que le couple n'a pas eu de descendance.

 

4°) Famille de JeanIII PEYRONEL

Cette famille de FAET est mentionnée sur la liste des familles catholiques ou réputées catholicisées de la vallée de Saint Martin établie les 14 et 15 Juillet 1686 au Perrier. Elle est composée de Marie, née en 1656, catholicisée depuis 1674, veuve de fû Jean PEYRONEL, et de ses filles

  • JeanneII PEYRONEL, née en 1674
  • MargueriteII PEYRONEL née en 1677, et
  • CatherineVI PEYRONEL née en 1681. Jeanne et Marguerite résident à Turin en 1686, probablement placées de force chez des familles catholiques.

Ce JeanIII PEYRONEL est donc né avant 1656, marié avant 1674 et décédé avant 1686.

 

5°) JacquesIII PEYRONEL, sa femme Marie et son fils JeanIV PEYRONEL

Giacomo PEŸRONELLO né avant 1649, probablement à Riclaret et décédé avant mars 1687, n'est connu que par la mention de son fils Jean et de Marie sa femme (du moins est-elle la mère de Jean):

Giovanni PEYRONELLO (JeanIV PEYRONEL) fû Giacomo PEŸRONELLO (JacquesIII PEYRONEL) né vers 1667 parmi les déportés en Mars 1687 à Cossato (environ 70 km NE de Turin) où il est accompagné de sa mère Maria née vers 1627. Ni l'un ni l'autre ne figure parmi les exilés en Suisse.

 

6°) AnneII PEYRONEL, fille de JeanV PEYRONEL

Anna [PEYRONELLA] (AnneII PEYRONEL) fille de Giovanni PEŸRONELLO (JeanV PEYRONEL) de Riclaret, née vers 1673, figure sur la liste des familles catholiques ou réputées catholicisées de la vallée de Saint Martin établie les 14 et 15 Juillet 1686 au Perrier, bien que dite hérétique. A la suite de cette liste, on retrouve Anna dans une note, établie le 15 Juillet 1686 énumérant "les personnes de la vallée de Saint Martin qui ont été arrêtées et conduites prisonnières au lieu de Luserne pour s'être catholicisées en dehors du temps imparti, ou bien pour être restées dans les vallées et les montagnes avec les autres religionnaires lors des récents évènements". Elle a été arrêtée malgré son jeune age avec pour seul motif "encore hérétique". Son père, apparemment en vie puisque Anna n'est pas dite fille de fû Giovanni, ne semble pas avoir été lui-même recensé ou arrêté, sans doute était-il parmi les fugitifs, exilés ou clandestins. Peut-être était-il mort sans que sa fille ne le sache. En tout cas ce Jean PEYRONEL est sans doute distinct de JeanIII PEYRONEL sinon Anna aurait plutôt été recensée avec sa mère Maria. D'ailleurs l'un est dit originaire de FAET l'autre de RICLARET.

 

7°) MarieII PEYRONEL et son fils Barthélémy

Maria PEŸRONELLA (MarieII PEYRONEL) de Riclaretto âgée de 40 ans (née vers 1647), et son fils Bartholomeo âgé de 14 ans (né vers 1673), sont cités parmi les déportés se trouvant à Bene (Benne, environ 30 km NNO de Turin) le 14/01/1687, mais ils ne sont semble-t-il pas parvenus en Suisse. A moins que Barthélémy, dont nous ne savons pas s'il se nommait PEYRONEL figure, ainsi que sa mère, sur la liste sous un autre patronyme

 

8°) CatherineV PEYRONEL, son gendre François CLOT et sa famille

Cattarina PEYRONELLA (CatherineV PEYRONEL) née en 1637 très probablement à Riclaret, est mentionnée dans la liste des déportés en Piémont. Elle se trouve à Cavaglia (environ 50 km NE de Turin) en Mars 1687 avec Francesco CLOTTO (François CLOT) de Riclaretto né vers 1647, et la femme de ce dernier, Maria, âgée de 30 ans et leur fils Giacomo (Jacques CLOT) âgé de 6 ans et avec Béatrice, âgée de 26 ans, belle soeur (de François CLOT ?). Ce sont certainement les mêmes personnes (en partie) qui étaient à Ivrée le 08/02/1687 : Beatrice CLOTTA de Riclaret, âgée de 30 ans, Maria sa belle-soeur, âgée de 35 ans et Jacques, le fils de cette dernière, âgé de 5 ans. On note toutefois l'imprécision des ages donnés dans ces listes. Catherine PEYRONEL est la belle-mère de François CLOT donc la mère de sa femme. Comme d'habitude, il y a une incertitude sur le patronyme de Catherine : nous ne savons pas si elle est née PEYRONEL ou mariée à un PEYRONEL auquel cas Marie serait elle aussi une PEYRONEL. En ce qui concerne Béatrice, la liste d'Ivrée la nomme Béatrice CLOTTA et elle semble être la belle-soeur de Marie. Dans la liste de Cavaglia seul son prénom est donné et elle semble être plutôt la belle soeur de François. Béatrice, est donc

- soit la belle-soeur de François CLOT c'est à dire la femme d'un frère (X CLOT) de François CLOT (hypothèse a)

Le patronyme CLOTTA pourrait être alors son nom d'épouse, mais rien ne nous dit si Béatrice est mariée (ou veuve) bien qu'elle ait l'âge de l'être. Dans cette hypothèse a), Béatrice n'est pas forcément la fille de CatherineV PEYRONEL, mais elle peut l'être dans le cas où les deux frères CLOT auraient épousé deux sœurs

- soit la belle-soeur de François CLOT parce que soeur de sa femme (hypothèse b)

Dans cette hypothèse, Béatrice est une soeur (plus jeune) de Marie (la femme de François) et elle est la fille de CatherineV PEYRONEL.

- soit encore la belle-soeur de Marie, la femme de François CLOT donc la soeur de ce dernier (hypothèse c)

Dans ce cas le patronyme CLOTTA est le nom de jeune fille de Béatrice.

CatherineV PEYRONEL ne figure pas dans l'étude de A. ARMAND. HUGON et E. A. RIVOIRE qui récapitule les données sur les Vaudois exilés en Suisse. On trouve pour le patronyme PEYRONEL, quatre Catherine mais aucune n'est née en 1637. CatherineV PEYRONEL n'aurait donc pas été exilée en Suisse, ou bien serait décédée avant d'y arriver. Pour en savoir plus il faut vérifier dans la liste d'ARMAND-HUGON et RIVOIRE pour le patronyme CLOT si François CLOT est mentionné ainsi que sa femme, son fils et éventuellement sa belle-mère Catherine et sa belle-soeur.

 

Les autres PEYRONEL déportés ou exilés forment des groupes familiaux restreints ou bien sont des individus isolés. Sur l'ensemble, il y a 3 fois plus de femmes et filles (environ 20) que d'hommes et de garçons (pas plus d'une demie douzaine pouvant avoir survécu). Or les renseignements sur les femmes sont succincts et souvent ambigus (patronyme non mentionné, ambiguïté sur les noms de jeune fille et d"épouse). Il est donc impossible, avec le peu d'informations que nous avons, d'établir la généalogie de ces isolés.

 

9°) Antoine PEYRONEL

orphelin, venant du Val Saint Martin, listé sur un rôle du 15 mars 1687 et réputé se rendre à Berne. Pour être dit orphelin, il est probablement enfant ou adolescent. Il est difficile à situer en l'absence de toute indication d'age ou de parenté. Le seul Antoine contemporain figurant dans mes relevés est le fils de X PEYRONEL né vers 1664. Il se pourrait que ce soit le même que l'on retrouve, soldat de la 2ème compagnie de la Vallée de Saint Martin, cité dans le recensements des Vaudois au Piémont en 1691.

 

10°) Charles PEYRONEL

Carlo PEŸRONELLO (Charles PEYRONEL) de Prarostino, né vers 1669, se trouve le 26/01/1687 à Carmagnola (environ 30 km Sud de Turin). Il n'apparaît pas dans les listes d'exilés en Suisse.

 

11°) MarieIII PEYRONEL et sa fille SuzanneI de Bobi

MarieIII PEYRONEL, de BOBI, née avant 1670, décédée après avril 1689, déjà veuve lors de son emprisonnement à Turin en 1686, arrive en Suisse avec sa fille SuzanneI PEYRONEL, célibataire, qui la suit à Schaffhouse.

 

12°) Madeleine PEYRONEL et MarieIV PEYRONEL de Prali

Madeleine PEYRONEL, née en 1657 et MarieIV PEYRONEL née en 1647 toutes deux de la paroisse de Prali ou de [la vallée de] Saint Martin, arrivées ensemble en Suisse, sans autres parents désignés comme tels. Elles sont citées le 17 février 1687 à Los. (?), présentes à Zürich en 1687/1688 et à Schaffhouse en Octobre 1688. Madeleine a quitté Zürich en juillet 1688, s'y trouve de nouveau à Zürich en 1688/1689, en repart en mai 1689 et on la retrouve à Chivasso en juillet 1691. Marie se trouve toujours à Schaffhouse en avril 1689. Bien qu'elles voyagent la plupart du temps ensemble, rien ne dit si elles sont parentes.

 

13°) JeanneIII PEYRONEL de Prali

Gioanna PEŸRONELLA (JeanneIII PEYRONEL), de Prali, née vers 1652 figure le 18/01/1687 parmi les déportés à Fossano (environ 70 km au Sud de Turin) transférés de Villafaletto (15 km à l'ouest de Fossano), mais pas en Suisse

 

14°) SuzanneII PEYRONEL et son fils

SuzanneII PEYRONEL et son fils (s'agit-il d'un PEYRONEL ?) né en 1697 s'établissent en Allemagne dans le pays de Hessen Darmstad en Juillet 1699.

 

Les PEYRONEL qui pourraient avoir participé à "La Glorieuse Rentrée"

Il est intéressant de voir quels sont ceux, parmi les PEYRONEL exilés en Suisse, qui pourraient avoir participé à la rentrée de 1689. Ce sont les hommes valides et en age de porter les armes en 1669. Ils sont au nombre de trois. Il s'agit de JeanI PEYRONEL, mais il est âgé déjà de 62 ans, plus probablement son fils Paul PEYRONEL, âgé de 29 ans qui quitte Zürich en Mai 1689, et peut être Antoine PEYRONEL

Paul peut s'identifier, étant donné sa date de naissance (malheureusement incertaine 1662 ou 1670), à deux Paul PEYRONEL que nous connaissons à cette époque et qui sont cités au chapitre consacré à notre lointain ancêtre X PEYRONEL :

  • Paul PEYRONEL (II) auteur de la branche de PRAMOL né avant 1685 ou
  • Paul PEYRONEL (2048A) né vers 1662, fils de X PEYRONEL de la branche de Riclaret

La deuxième solution semble la plus probable puisque JeanI PEYRONEL, le père de Paul, exilé en Suisse est originaire de Riclaret et non de Pramol.

Dans ce cas, JeanI PEYRONEL, exilé en Suisse serait notre ancêtre commun X PEYRONEL.

Certes il est né en 1627 alors que X PEYRONEL serait né en 1636, mais cette date n'est qu'approximative. Cette hypothèse suppose en outre que non seulement Paul PEYRONEL est bien revenu dans les vallées vaudoises (que ce soit avec les héros de la glorieuse rentrée ou indépendamment) mais également sa femme Jeanne qui lui donne un fils Jean né avant 1694 (il pourrait aussi avoir épousé une autre Jeanne en 2èmes noces). A noter que le prénom Jean donné à ce seul fils connu de Paul est bien en accord avec le fait que le père de Paul s'appelait Jean. D'autre part il a été suggéré que le prénom de la femme de Paul pouvait être Jeanne

On doit remarquer cependant que nous ne trouvons aucune mention, parmi les exilés en Suisse, des 2 autres fils de X PEYRONEL, Antoine et Barthélémy supposés être plus jeunes que Paul. Antoine PEYRONEL que nous avons vu parmi les exilés venant du Val Saint Martin, ne peut être le fils de Jean car il est orphelin en mars 1687 alors que Jean est encore en vie en1688. Il est probablement enfant ou adolescent. Par contre il pourrait être celui que l'on retrouve en 1991, soldat de la 2ème compagnie de la Vallée de Saint Martin et donc avoir participé à la Rentrée.

Antoine et Barthélémy ont pourtant bien survécu aux évènements de 1687-1690 puisqu'ils ont une descendance à Riclaret. Un fils Michel né vers 1696 en ce qui concerne Antoine et quatre enfants David, Jacques, Marie et Jean nés respectivement vers 1698, 1704, 1706 et 1720 pour Barthélémy.

Où étaient donc Antoine et Barthélémy entre 1687 et 1691 ? Le recensement des Vaudois au Piémont en 1691, après la "Glorieuse rentrée" ne nous donne pas de réponse. Il faudra la chercher en étudiant d'autres sources encore inexploitées concernant le retour des vaudois dans leurs vallées après l'exil en particulier les "Actes de redistribution".

Ces documents concernent la restitution des biens dont les Vaudois avaient été dépossédés en leur absence. Les Vaudois qui revenaient d'exil durent se présenter devants les agents du Sénat de Pignerol pour réclamer la restitution de leurs possessions. Chaque demandeur devait être accompagné de deux témoins dignes de foi, permettant de vérifier ses revendications.

Ces registres de redistribution sont une source très riche d'information sur les familles Vaudoises à cette période. La tragédie qu'elles avaient traversée ressort de ces documents. Les membres de la famille décédés sont nommés, souvent avec indication de la date (année) et du lieu du décès. Bien entendu, les survivants sont listés, souvent en incluant ceux qui avant été "transportés" (enlevés et placés dans des familles catholiques).

Hypothèse de généalogie de la famille PEYRONEL au XVIIème siècle

Le tableau généalogique ci-dessous indique comment, en rassemblant les éléments dont nous disposons pour le moment sur les exilés et les données généalogiques, pourrait être reconstituée hypothétiquement la famille au XVIIème siècle. Dans cette hypothèse, l'ancêtre le plus lointain de notre famille identifié - quoique très mal connu - serait né avant 1608. Faute de connaître même son prénom, il est désigné comme PEYRONEL Y et porte le numéro Sosa 4096.

 

PEYRONEL Y, né avant 1608 (N° 4096?)

|.....PEYRONEL Jean, (N° 2048?)

|.....|..... né vers 1626 à RICLARET, décédé après 10/1688 marié avant 1656

|.....|.....PEYRONEL Jeanne (N° 2048a?)

|.....|..... née vers 1656 à RICLARET, décédée en 1687 ?

|.....|.....PEYRONEL Béatrice (N° 2048b?)

|.....|..... née vers 1660 ou 1661 à RICLARET, décédée après 10/1688

|.....|.....PEYRONEL Paul (N° 2048A)

|.....|..... né vers 1662 à RICLARET, décédé après 05/1689, marié avant 03/1687 avec

|.....|.....x Jeanne, née vers 1662, décédée après 03/1687

|.....|.....PEYRONEL Antoine (N° 2048B)

|.....|..... né vers 1664 à RICLARET, décédé entre 1696 et 1740,

|.....|..... marié entre 1682 et 1696

|.....|.....PEYRONEL Catherine (N° 2048c?)

|.....|..... née vers 1667, décédée après 02/1687, mariée avant 12/1687 avec

|.....|.....x PEYRONEL Jacques (N° 2048c'?)

|.....|..... né 1663 à RICLARET, décédé en 1688 à BALE

|.....|.....PEYRONEL Barthélémy (N° 1024)

|.....|..... né vers 167à, décédé entre 1745 et 1747, mariée avant 1698

|.....PEYRONEL X1, (N° 4096B?)

|.....|.....né avant 1649, décédé avant 02/1687, marié avant 1667 avec

|.....x PEYRONEL Catherine (N° 4096B'?)

|.....|..... née vers 1647, décédée après 10/1688

|.....|.....PEYRONEL Catherine (N° 4096Ba?)

|.....|..... née vers 1667, décédée après 05/1691, mariée avant 02/1687 avec un fils

|.....|..... d'Anne PEYRONEL (née en 1627 et décédée le 24/04/1688 à ZURICH)

|.....|.....PEYRONEL Béatrice (N° 4096Bb?)

|.....|..... née vers 1671, décédée après 1691

|.....|.....PEYRONEL Marie (N° 4096Bc?)

|.....|..... née vers 1672, décédée après 05/1691

|.....|.....PEYRONEL Marguerite (N° 4096Bd?)

|.....|..... née vers 1674, décédée après 1691

 

 

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